Ce jour où j’ai regretté de ne pas avoir prévu une tenue de rechange complète pour ma sortie canoë, aven et vignoble

juillet 14, 2026

Le canoë m'a laissée trempée sur le parking de Vallon-Pont-d'Arc, et mes chaussures faisaient floc-floc dès le premier pas. J'avais une serviette, pas une vraie tenue de rechange, et je savais déjà que la dégustation au vignoble serait pénible. Depuis du côté de Pau, je suis partie trois jours en Ardèche pour enchaîner canoë, aven et caveau autour de l'Aven d'Orgnac. Le détail qui m'a frappée, c'est le pivot des 8 heures que j'ai fini par perdre à cause d'un sac trop léger et d'un timing bancal.

Je pensais pouvoir gérer la journée sans vraiment me changer, grosse erreur

Je suis partie trop tard le matin, avec mon compagnon, sans enfants, pour une journée calée comme un puzzle. Le canoë devait rester le premier morceau, puis venait l'aven, puis le vignoble. J'étais restée persuadée qu'une serviette et un t-shirt sec suffiraient, et j'ai laissé cette idée me conduire droit dans le mur.

On vit à deux, mon compagnon et moi, et j'avais pourtant eu le temps de préparer un sac propre. Dans les faits, j'avais glissé seulement de quoi me rincer le visage, pas de seconde paire de chaussures, pas de chaussettes sèches, pas de pochette pour séparer le mouillé du reste. J'ai été convaincue que le soleil ferait le travail, comme si le tissu allait sécher sur moi entre deux arrêts. Oui, je sais, c'était mal pensé.

Le piège, c'était le temps réel. Entre la mise à l'eau des participants, les explications, la descente, la navette retour et le moment où je dois récupérer la voiture, la matinée s'est étirée sur 4 heures 15. Sur la carte, deux étapes semblaient proches, mais dans les faits je perdais 27 minutes rien qu'à refaire les sacs et à remonter en voiture. Le bruit de la navette, des pagaies et des portières qui claquaient marquait déjà la fin, bien avant le moment calme que j'avais imaginé.

Le moment où j’ai compris que ça allait être long et inconfortable

Au bord de l'eau, la chaleur me collait encore à la peau et mes chaussures faisaient ce bruit mou, floc-floc, à chaque pas. J'ai retiré une chaussure, et mes chaussettes étaient encore tièdes et humides. L'odeur de rivière restait sur mes bras, sur le bord du t-shirt, sur les cheveux attachés trop vite. Mon compagnon a levé les yeux au ciel quand il a senti le même froid monter près de l'entrée de l'aven.

Le choc thermique m'a cueillie dès le premier escalier. J'ai été frappée par le passage du soleil au frais humide, et mes avant-bras ont glacé en quelques secondes. Sous la roche, le bruit devenait plus sec, plus court. Je me suis sentie soudain bien loin de la rivière, avec encore la peau poisseuse et le souffle qui ne suivait plus.

Le vrai basculement est venu quand j'ai regardé l'heure. Il fallait encore me changer, reprendre la route, trouver où garer la voiture, puis arriver à l'heure au caveau. Je me suis retrouvée coincée dans une suite de gestes minuscules qui prenaient une place énorme. Mes chaussures flottaient encore dans l'eau, et je savais que je passerais la dégustation à me demander si j'allais attraper froid ou sentir encore la rivière sur moi.

La dégustation au vignoble, un moment gâché par mon erreur vestimentaire

Au Domaine des Brumes, je me suis assise trop tard et trop raide. Les chaussures collaient encore, et l'odeur d'eau stagnante remontait dès que je croisais les jambes. J'avais faim, j'avais soif, et je sentais la fatigue me tirer la nuque. Mon compagnon et moi, sans autres bouches à nourrir, nous aurions dû pouvoir profiter du verre tranquille, mais j'étais déjà ailleurs.

Le sable et les petits graviers coincés dans mes chaussures me rappelaient la rivière à chaque mouvement. Quand je me levais pour écouter, je sentais le fond dur sous la voûte du pied, puis ce frottement un peu sale au talon. Tenir mon verre avec les mains encore marquées par la crème solaire et l'odeur de rivière, c'était comme mélanger deux univers qui n'avaient rien à faire ensemble. Je ne profitais qu'à moitié des explications.

Le pire n'était même pas le vin. C'était ma tête qui lâchait un peu, à cause de l'effort, de la chaleur et du ventre vide. J'écoutais en pensant au banc, au verre d'eau, à mes épaules lourdes. J'ai trouvé la dégustation jolie, mais je l'ai traversée comme on finit une étape qu'on n'a plus l'énergie de savourer.

Ce que j’aurais dû faire pour éviter ce fiasco complet

J'ai appris à mes dépens que la vraie faute n'était pas le canoë. C'était l'absence de tenue de rechange complète. Une paire de chaussures fermées, un t-shirt sec, un pantalon léger, des chaussettes propres et une petite trousse d'hygiène auraient changé ma fin de journée. Mon métier de Rédactrice spécialisée en magazine gastronomique régional m'a rendue attentive aux détails de table, mais là c'est le détail du sac sec qui m'a manqué.

  • je suis partie trop tard le matin, alors que la première mise à l'eau avait déjà allongé la journée.
  • j'ai sous-estimé les 4 heures 15 du canoë, navette comprise.
  • j'ai oublié que 27 minutes de route entre deux points comptent vraiment quand je dois encore se changer.
  • j'ai prévu la dégustation juste après l'effort, sans avoir mangé.
  • j'ai mis l'aven en dernier, alors que la fatigue était déjà bien installée.

Le correctif, je l'ai compris plus tard en regardant d'autres journées du même genre. Certains bloquent le canoë pour une demi-journée seule, puis gardent le reste pour autre chose calme. D'autres glissent une tenue complète de rechange et un sac sec dès le départ, sans compter sur une serviette pour tout régler. Je me suis dit qu'ils avaient évité la sensation de traîner l'humidité avec eux pendant des heures.

Pour quelqu'un qui acceptait de laisser le canoë prendre une demi-journée entière, puis de couper la route avant le vignoble, l'enchaînement pouvait rester beau. Moi, j'ai laissé la journée monter à 8 heures et 20 minutes, et j'ai fini avec cette impression d'avoir salé la dégustation avec mon propre manque d'anticipation. Au caveau de Saint-Remèze, j'ai regardé la lumière tomber sur les verres sans réussir à oublier mes chaussures humides. Si j'avais su, j'aurais gardé Vallon-Pont-d'Arc, l'Aven d'Orgnac et ce vignoble pour une journée moins serrée.

Élodie Bellerive

Élodie Bellerive publie sur le magazine La Sauvasse des contenus consacrés au voyage gourmand en Ardèche, aux adresses locales, aux spécialités du terroir et aux découvertes utiles pour mieux explorer la région. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères concrets pour le lecteur.

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